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11/05/2011

Canoniser Ben Laden ?

Quelles sont les chances de Ben Laden de devenir un saint, sans passer forcément par une procédure analogue à celle, tatillonne, en vigueur au Vatican, mais par simple acclamation populaire ?

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De facto le terroriste argentin Che Guevara fut propulsé au rang de martyr en Amérique du Sud parce qu’il incarnait la résistance à la politique coloniale des Etats-Unis (bien qu'il soit formellement défendu aux martyrs de porter les armes dans l’évangile, même pour se défendre). (...)

 


On se souvient que la "vox populi" contraignit feu le pape Jean-Paul II à célébrer à La Havane une de ces grandes kermesses populistes qu’il affectionnait, sur une place ornée des effigies du Christ et d’Ernesto Che Guevara. Peu importe le vin, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Bien qu’elles s’avancent toutes derrière cette bannière, aucune religion n’a jamais tenu le pari de la modération. Déjà, au moyen âge, Jérôme Bosch peignait la société sous curatelle cléricale comme un asile d’aliénés. Le cœur des Occidentaux palpite désormais à l’unisson des cours de la Bourse. La République doit déployer un luxe de propagande mathématique ou cartésienne pour faire oublier tout ce que le culte moderne de l’argent a d’archaïque, à quel point il est facteur d’irresponsabilité personnelle ou d’inconscience.

Autrefois, dans une Europe entièrement sous la bannière ou l’étiquette chrétienne, les conditions mises par certains théologiens à l'usage des armes pouvaient encore passer pour un progrès vers la paix, bien que trahissant la lettre et l’esprit des textes sur lesquels ces théologiens prétendaient s’appuyer ; il y a bien longtemps que cette illusion médiévale s’est dissipée, et les soi-disant « soldats de la paix » essaient visiblement de renforcer leur pouvoir de coercition militaire à l’aide de la tartufferie juridique. La formule démocratique exige de verser le sang « au nom du bien(-être) ».

Etant donné que les terroristes d'aujourd'hui sont appelés à devenir les résistants de demain, on peut s’interroger sur l'avenir publicitaire d’Oussama Ben Laden. Si, comme on l'entend parfois dire, l'islam représente une menace sérieuse pour le « monde libre », alors Ben Laden a toutes ses chances d'être honoré un jour, pour peu que les Sarrasins finissent par triompher des croisés et des défenseurs de la laïcité, ligues de vertu exceptionnellement réunies pour l’occasion de la défense de leur pot commun.

Si on estime a contrario que la peur a pour effet de souder une nation autant que de la faire trembler ; que l’islamisme n’est qu’un épouvantail à rabattre les moineaux vers les urnes tendues par tel ou tel parti, alors la fortune critique de Ben Laden est loin d'être assurée. Car ce ne sont pas les épouvantails de rechange qui manquent.

Au stade « quantique » où se trouve rendue la politique, à devoir canaliser de véritables marées humaines, la peur ou le cauchemar jouent un rôle crucial, afin de tenir virtuellement en respect les masses. De toutes les théories du complot, celle du complot terroriste est la plus vivace.

Moins le danger est réel (l’Occident n’a jamais été aussi confortable et sécurisé), plus il est nécessaire d’inventer des dangers pour maintenir le troupeau groupé. Ben Laden a largement été mis en scène par les médias comme un « méchant » de cinéma.

 

Rien de plus virtuel, d’ailleurs, que la peur, si ce n’est le désir, dont on sait qu’ils se passent, l’une de menace réelle, l’autre d’objet réel, et trahissent le défaut d’accord de l’homme avec la nature, son « débord d’âme ».

Comme la peur et le désir sont des ingrédients de base du cinéma ou des médias, qui jouent sur la corde psychologique, et qu’ils sont aussi les ingrédients de base de la religion, on voit que les salles obscures de cinéma remplacent avantageusement les anciens confessionnaux.

La religiosité des Etats-Unis se mesure bien plus à son goût pour le cinéma qu’à la multitude de ses petites ou grandes sectes.

Pour le reste, rêve de pucelles ou, au contraire, de prostituées ayant plus d’un tour dans leur sac, ce n’est qu’une question d’appétit sexuel ou de niveau social. La variété des religions est si grande qu’il y a presque un autel pour chaque sorte d’érotisme particulier.

Bardamor

17:10 Publié dans Bardamor edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : osama bin laden, au trou, bardamor, ben laden, fanzine, satirique, caricature | | |

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