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25/08/2011

Le Démagogue


Alain Minc - Le peuple est coupable de la crise par khalem2012

Dans cet enregistrement, on entend Alain Minc, homme-lige d'un patronat français dont les capacités à gérer un pays de cocagne comme la France laissent les Français de plus en plus sceptiques :

- Traiter un journaliste de RMC de "populiste", sous prétexte que celui-ci le pousse un tantinet dans ses retranchements, sur un ton douceureusement comminatoire signifiant : Vous, journalistes, vous êtes dans la même barque que nous, les patrons, et ce n'est pas le "peuple français" que vous prétendez défendre qui vous offrira cartes de presse et salaires confortables.

Alain Minc est d'ailleurs parfaitement placé pour connaître l'usage des journalistes en France. 

Quelques instants plus tard, le même Minc prétend que le gouvernement de la France est populiste, puisque c'est pour faire plaisir aux Français qu'il a laissé filer la dépense publique depuis 30 ans. Même les arguments du "Tea Party", parti libéral yankee d'extrême-droite, ou d'Eric Zemmour (mis entre parenthèses pour cause de campagne électorale), sont moins grossiers.

De sorte que si le "populisme", c'est le mensonge, il n'y a pas plus populiste qu'Alain Minc... autrement dit c'est un démagogue et un statisticien. (...)


- L'argument de Minc - les Français ont poussé leurs gouvernements au gaspillage -, reviendrait à dire que le football ou le poker sont du goût du peuple français, alors que ces sports sont promus, utilisés, mis au service de, bénis, justifiés, financés par l'oligarchie, selon le bon vieil adage latin : "Du pain et du cirque."

La France vit donc nettement au-dessus de ses moyens depuis 30 ans, elle est désormais menacée par "la mort de crédit", DE PAR LA VOLONTE DE L'ELITE POLITIQUE ET INDUSTRIELLE, et non celle des Français. Electoralement, on observe d'ailleurs un processus de désengagement des Français de la politique, de plus en plus grand à mesure qu'on s'éloigne des cercles du pouvoir, et donc de l'oligarchie. La démocratie n'est pas plus que la guerre le résultat d'une "volonté populaire" ; elle est, tout au plus, une volonté de "propriétaires".

Le plus souvent la démocratie a été imposée lors de crises politiques par une élite militaire sanguinaire, plébiscites truqués (Napoléon Ier, Lénine) ou non (Napoléon III, Hitler). Non seulement le "peuple" n'a jamais exercé le pouvoir réellement, mais le culte de la démocratie qui lui est imposé ne vient pas du consensus populaire. On peut d'ailleurs croire, au vu de la culture populaire, les Français plus "anarchistes" que "démocrates". Même sur la pureté de la foi des électeurs qui vont dévotement déposer leur bulletin dans l'urne, il ne faut pas se faire trop d'illusions. Beaucoup sont persuadés que c'est dans leur intérêt de voter, bien qu'ils en doutent de plus en plus. Argent se dit "fiducia", c'est-à-dire "confiance", "foi" : on retrouve bien dans la monnaie et ses fluctuations tous les aspects psychologiques de la religion.

- Le gaspillage des ressources physiques de la France et celui, indissociable, de ses ressources humaines, est le produit des efforts des élites françaises dans ce sens ; le seul tort des Français est d'avoir eu dans leurs élites une confiance excessive. Mais cette confiance a été soigneusement entretenue, à l'aide de moyens médiatiques extraordinaires.

Ce gaspillage est le résultat de la division du travail à l'échelle mondiale, l'Occident soutenant la forte croissance de la Chine, et la pérennité de l'oligarchie militaire chinoise dépendant d'une décélération de l'économie occidentale la moins brutale possible. Le financement de la politique des Etats-Unis par la Chine ne date pas d'aujourd'hui, il a déjà 20 ans.

Sur le plan de la responsabilité, la rhétorique libérale d'Alain Minc est extrêmement pernicieuse. Ou bien l'élite gouverne et elle assume l'échec cuisant de sa politique ; ou bien elle ne gouverne pas, et dans ce cas l'industrie n'a pas à mandater et financer des candidats aux élections présidentielles. On sait d'ores et déjà ce que M. Minc conseillera à ses clients de plaider en cas de pépin majeur, non pas un ou deux soldats français dézingués, par exemple, mais tout une escouade : "Responsables, mais pas coupables."

- S'il est vrai qu'on peut trouver des excuses aux politiciens qui ont "la tête dans le guidon" comme les Français, politiciens dont toutes les forces sont absorbées dans les manoeuvres politiciennes, qu'ils soient candidats ou élus, en revanche les élites morales n'ont aucune excuse, étant donné qu'elles sont payées à ne rien faire que penser ou enseigner, pendant que les Français qui ne sont pas au chômage triment.

Les élites morales n'ont aucune excuse de s'être adonnées, comme Alain Minc, à la pure justification et propagande de l'oligarchie française, employant pour ce faire les moyens habituels du plaideur, c'est-à-dire en se foutant du peuple au nom de la démocratie. Ecoutez MM. Lagardère, Pinault ou Arnault causer cinq minutes, et vous comprendrez pourquoi ils ont besoin de types comme Alain Minc pour causer à leurs places, ou de verser des salaires mirifiques à des joueurs de foot pour détourner l'attention de leurs entreprises irresponsables.

- Parlons un peu du "nerf de la guerre" puisque l'oligarchie française est actuellement impliquée dans des conflits qui risquent de se multiplier. En l'occurrence, Alain Minc & Co vont devoir se creuser un peu plus les méninges pour faire de la guerre au Moyen-Orient une volonté des Français. Comme quoi la démocratie est mise en place par des militaires, et le "peuple" peut être saisi de toutes les questions, sauf celles touchant l'armée. L'oligarchie ne devrait-elle pas s'inspirer de l'Angleterre, modèle d'habileté célébré naguère par Minc lui-même, et envoyer sur le front des troupes quelques-uns de ses représentants ? Sarkozy, Fillon, ont des gosses : ils leurs feraient une meilleure publicité sur le front des troupes que celui des affaires ou du bal des débutantes ; ça la fout mal d'annoncer que c'est encore un pauvre plouc de Landerneau ou Aurillac qui s'est fait buter (surtout que sans le chomedu il aurait probablement choisi un autre métier).

C'est quand la pompe à fric est cassée que le risque de guerre est le plus grand. La Chine connaît une forte croissance ; la Russie a d'importantes ressources naturelles ; les Etats-Unis en revanche sont au bord de la crise de nerfs. On ne voit pas le gouvernement faire ce que prône Alain Minc : la modération après le gaspillage. On voit le gouverment français se lancer dans des dépenses militaires et l'alliance avec une première puissance mondiale de plus en plus hystérique et menaçante.

Bardamor 


14:04 Publié dans L'Odeur du Danemark | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : alain minc, tea party, eric zemmour | | |

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