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28/09/2011

"Picsou Magazine" ou "L'Economie facile"


Rastani, le trader qui "priait" pour la... par asi

- C'est le plus grand mérite de Nietzsche de reconnaître que le mensonge est le ciment de la civilisation.

- C'est la plus grande tare de Nietzsche d'ignorer que la civilisation est un mobile, et que le mensonge doit être proportionnel à la vitesse moderne. Il participe de l'entraînement du monde. C'est ce qui fait du libéralisme la mieux adaptée des doctrines. Ou, si on préfère : la civilisation ne tient plus que par le stuc. Ou bien pensez au navigateur Alain Bompard, qui utilisait son sperme comme rustine pour boucher les trous de son embarcation.

- On cause du "devoir d'information", mais il vaudrait mieux parler du "devoir de mensonge". Pour l'avoir oublié, le trader Alessio Rastani vient de se faire taper sur les doigts. Face aux caméras de la BBC, organe majeur de propagande moderne, il a balancé publiquement deux ou trois trucs en vigueur dans sa "profession". Il faut dire que les médias sont tellement habitués à diffuser de faux témoignages, que la sincérité ne pouvait que les prendre par surprise. (...)


En substance, Rastani balance ce qui est parfaitement connu des milieux d'affaire depuis des lustres, et que les "experts économistes" s'efforcent de dissimuler au grand public.

1. Les marchés sont dirigés par la peur

- Toute spéculation, quelle quelle soit, a une fonction rassurante. On le sait depuis des millénaires, et cela a été rappelé par tous les penseurs en rapport avec l'humanisme. Dernièrement L.-F. Céline a montré que la grande peur des bien-pensants ne trouve de solution finale que dans la guerre. Il n'y a là, de la part de Céline, qu'un rappel de Homère ou Shakespeare, dans une époque d'obscurantisme avancé. L'architecture religieuse et protectrice en apparence, c'est là les futures décombres de la civilisation, où les citoyens apeurés et aveuglés croient trouver un abri. De la même façon, les glandus se protègent de la foudre en s'abritant sous un gros chêne.

"N'ayez pas peur !" : cette injonction chrétienne indique une logique opposée à la spéculation, celle-ci n'étant qu'un mélange de foi et de raison ; ici on peut se demander quelle est la véritable religion de François Fillon ou du berger allemand Benoît XVI, et si ces authentiques abrutis ne sont pas, en réalité, civilisés au dernier degré, c'est-à-dire quasi-carbonisés.

Un flic, un curé, un homme politique, une mère de famille ou encore un économiste, ne dira jamais "la peur est bonne conseillère" que pour se justifier d'agir sous l'empire de la peur.

Bien sûr les marchés obéissent à la peur ; on pourrait même dire qu'ils la cristallisent, tant elle est évidente et visible sur le faciès des acteurs des salles de marché. L'illustration est parfaite du singe libéral changé en homme bionique libéral. L'identification des penseurs libéraux aux macaques est naturelle, le comportement de ces espèces étant déterminé par la peur. L'obsession sexuelle des macaques est un signe qui ne trompe pas.

2. Le calcul et les mathématiques n'ont rien à voir avec l'économie.

- La recherche de dividendes n'est pas un motif économique nécessaire, et la spéculation est aussi fructueuse "à la baisse" (de l'euro, par exemple), qu'à la hausse.

"Les gens ne se souviennent pas que la récession des années 1930 ne se résumait pas à un krach boursier. Certaines personnes étaient prêtes à se faire de l'argent sur ce krach (...)". Là encore, Rastani n'énonce rien de nouveau sous le soleil. Le profit tiré de la faillite est même ultra-célèbre en France grâce à Bernard Tapie.

Croire les mathématiques financières une science "économique" serait comme de croire que la multiplication est la seule opération mathématique, alors que c'est la division l'essence même des maths. D'où leur grande utilité, non pas scientifique, mais POLITIQUE, afin de mieux régner. D'ailleurs il est également de notoriété publique, pour peu qu'on ne se contente pas de lire "L'Equipe", comme le trader moyen, que les inventeurs des équations de "mathématique financière", aussi "Nobel" soient-ils ou bien diplômés de Princeton, pour beaucoup ont fini à l'asile psychiatrique (danger qui menace tout jongleur professionnel au bout d'un certain nombre d'années de pratique). Il faut déconseiller l'apprentissage des mathématiques (notamment modernes) à des personnes déjà un peu "zinzin".

Si vous jouez au poker ou au casino, croyez-vous faire une oeuvre économique ? Non, vous êtes parfaitement conscient de "l'enrichissement sans cause" en quoi ce jeu consiste. Le personnel politique ne peut donc ignorer ce fait patent. Ceux qui jouent les vierges effarouchées aujourd'hui, tournaient hier comme des vieillards libidineux autour de Suzanne.  

Ainsi, les marchés font semblant de croire que les politiciens mènent une politique économique, et les politiciens font croire que les marchés ont une activité économique. Je redis ici l'abjection morale profonde de types comme François Fillon, dans la mesure où l'argument de "morale chrétienne" à l'appui de la stratégie sournoise de prédation incarnée par les marchés, cet argument est la perfidie même. Ce Fillon est un Shylock chrétien.

On peut mieux dire que ce Rastani : non seulement les marchés n'ont pas une activité économique, mais la politique n'a pas grand-chose à voir avec la responsabilité ou la prudence. Elle n'est qu'un discours publicitaire. A peu près ce que les romans de F. Beigbeder sont à la littérature : une couverture.

 Télémax

13:41 Publié dans Club de l'Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anarchie, economie, alessio rastani, au trou, fanzine, telemax, satirique | | |

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