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03/11/2011

Charlie brûle-t-il ?

Cramer, c'est encore ce qui pouvait arriver de mieux à l'hebdomadaire soi-disant politiquement incorrect "Charlie-Hebdo". Exactement comme l'incendie d'un cinéma diffusant "La Dernière Tentation du Christ" par quelques fanatiques catholiques, eut pour effet de propulser le cinéaste Martin Scorsese dans la catégorie des cinéastes sulfureux.

Il y a même des publicitaires spécialisés dans ce genre de provocation (...)

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Il y a même des publicitaires spécialisés dans ce genre de provocation. Allons, à peine installé en banlieue, publier un numéro spécial pour débiner Mahomet et la charia ? C'est comme si je me pointais à un congrès du MLF avec un tee-shirt : "La Femme est une Publicité mensongère !", un truc dans ce goût-là (que pensent beaucoup d'hommes, mais qu'ils n'osent pas dire tout haut, de peur de rester célibataires)...

On dirait du Jean-Paul Goude ou du Toscani (le machiavel des pubs Benetton), le coup de "Charlie-Hebdo" ; je dirais même plus : Le Pen ou le ministère de l'Intérieur savent très bien y faire aussi.

- Mieux, et sans doute moins anecdotique que cet épisode franco-français infinitésimal : rappelons que l'incendie des cars de CRS, et les dégâts causés par les rebelles de "Mai 68" ont procuré à la baderne de Gaulle, en réaction, un mouvement d'adhésion de la part des Français, comme il n'a quasiment jamais bénéficié par ailleurs de son vivant. Il faut se garder de foutre la trouille aux cons : ça les galvanise.

Et si le général de Gaulle est devenu aujourd'hui quasiment une "icône gay", c'est encore une affaire de publicité, entretenant la nostalgie d'une France dont l'industrie tournait à plein régime, l'avenir était plus rose, tant que les hordes d'esclaves chinois n'étaient pas encore assez éduquées pour nous faire de l'ombre.

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Depuis la nomination de Philippe Val à la tête de "France-Inter", il n'y a plus grand-monde parmi les "anars de gauche" à croire dans le "politiquement incorrect" de la bande à "Charlie". Somme toute, ce n'était pas une opération très maligne de la part de Sarkozy que la reconnaissance officielle de la vocation de fonctionnaire de P. Val.

On ne peut pas dire que, dans l'effort pour détourner quelques voix du FN vers le parti de Mélanchon, à quoi se réduit à peu près le rôle de "Charlie" désormais, loin de l'affrontement direct avec la censure qui fut son cheval de bataille, les meilleurs voeux de rétablissement adressés par le poulet froid Claude Guéant à "Charlie-Hebdo", soient du meilleur effet. L'indignation de Christine Boutin révèle un masochisme atavique : elle ne porte pas le voile, mais c'est pour mieux se faire caricaturer. 

- S'il est permis d'ajouter un avis personnel, je dirais que la tartufferie de certains dessinateurs-collaborateurs de "Charlie-Hebdo" est pire que le virage à droite de Val*. C'est carrément se foutre de la gueule du lecteur, comme font certains à "Charlie", Wolinski en tête, que de combattre le grand Kapital, tout en bouffant aux plus immondes râteliers capitalistes (je pense notamment au "Point" et à "Paris-Match").

Je n'irai pas pisser sur les braises de "Charlie-Hebdo" pour les éteindre. Elles sont déjà froides depuis longtemps. Charb peut dire merci à "l'islam radical" (sic) de ce sursis.

 Bardamor

*C'est sans doute le lavage de cerveau républicain qui empêche un type comme Cabu de comprendre qu'il n'y a pas moins de religion dans le jazz ou la musique de Mano Solo (Sanctus) que dans la Bible ou le Coran. Le tout est plutôt de savoir quelle religion est la moins pourrie par l'argent. La République ? T'as qu'à croire, pauvre Charb, dans la virginité de ta-mère-la-pute ; mais n'oblige pas les pouilleux musulmans à faire de même, à aimer les frappes chirurgicales républicaines en Libye, les matraques de police républicaine, les cours d'éducation civique républicains, etc.

 

01:22 Publié dans Ecran Total | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : charlie-hebdo, charia, islam, fanzine, satirique, anarchiste, au trou, bardamor | | |

Commentaires

Les lecteurs de Charlie ne demandent pas mieux que l'on se foute d'eux.

On atteint des sommets de tartufferie lorsque un jesaisqui affirme que "l'Islam ce n'est pas ceux qui nous ont attaqués". C'est le baiser de la mort donné par l'otan aux "révolutionnaires" arabes: il sera plus facile de combattre, un adversaire parfaitement identifié ou étatisé plutôt que des individualités soudées autour d'une tradition. Et, au delà de la chose militaire qui peut être foireuse, mortelle, mortifère, (tant qu'elle ne fait pas chuter la bourse) la première des conquêtes est l'opinion ; ô combien précieuse. Autant attaquer ou être attaqué par une chose ingrate qui pourtant eut sa chance. C'est ce dont rêve Charlie : être lapidé par les musulmans de toutes obédiences. Le martyr, le rêve.
Mais ce qui échappe autant à Charlie qu'aux commentateurs de fdesouche, c'est que les musulmans ne demandent qu'à être des occidentaux consommateurs comme les autres, et dont certains votent même aux primaires socialistes en hésitant entre Valls et Hollande lors du premier tour...

Écrit par : macp | 03/11/2011

J'ai fichu des virgules n'importe-comment, l'heure tardive sans doute.

Écrit par : macp | 03/11/2011

- C'est très exactement ce que Charb nie, à savoir la censure qui règne en France, qui provoque des incidents comme celui de Montreuil. Si les musulmans disposaient d'un organe de presse pour se défendre des attaques régulières dont ils font l'objet, pour se moquer à leur tour de la religion de Cabu et Charb : "Du cul, du féminisme, et Marianne au milieu.", ou du "Figaro" de Zemmour, la tension serait moins forte. C'est exactement la même chose pour le FN, les anars, les céliniens, l'extrême-gauche.
- La Propaganda Staffel n'a jamais été aussi puissante. Comme la principale cause de cette uniformité, c'est bien sûr la publicité et le contrôle de la presse par un très petit nombre de "projets industriels", et qu'il n'y a presque pas de pub dans "Charlie" (sauf pour "Libé", quand même, danseuse capitaliste pour bobos parisiens), on peut donc dire que Charb est un pur connaud. Si demain il prenait la direction de "La Croix", je ne serais pas plus étonné que ça. Les cervelles de ces mecs ont été complètement ratiboisées par l'Education nationale, qui en a fait de vrais Allemands.
- L'argument qui tue de Charb, c'est : "On peut dire ce qu'on veut de l'armée en 2011, tandis qu'on pouvait pas il y a cinquante ans." Cet abruti n'a pas compris que tu peux dire à peu près ce que tu veux de l'armée et de sa tendance à l'adjudant Chanal en temps de paix, ou plutôt de guerre économique. Tu peux faire alors ton Jaurès tant que tu veux. La guerre, d'ailleurs, fait partie du code génétique de la société. C'est pas ça qui empêche, d'ailleurs, l'armée française, de balourder des roquettes sur des civils au nom de la République française, et donc de Charb et Cabu.

Écrit par : Bardamor | 03/11/2011

Il n'y aura pas d'organe de presse concurrent pour les musulmans, on est dans une guerre d'usure où l'on croit qu'à force de piquer le cul du lion en cage, il finira bien par mordre, d'où l'excuse pour l'abattre. Dans le cas présent, il a juste filé un tout petit coup de patte. Si un jour il se lasse, les courageux bobos de Charlie se cacheront derrière la soldatesque crédule, intéressée ou nostalgique de Rome.

En France, on peut se payer la gueule de Jéhovah, du Christ, d'Allah et son prophète mais pas de la Torah (qui conduit directement en correctionnelle) ou de l'athéisme (qui conduit aux gémonies des médias). Le seul truc qui puisse affaiblir la propagande,c'est sa trop grande assurance. Il y a quelques années, une campagne pro-athée fut modérément appréciée au Royaume-Uni (pays dont le peuple adore pourtant se faire balader par le bout du pif).

Avec leur incendie, ils vont commencer à croire en la providence, chez Charlie, la providence du dieu païen publicitor.

Écrit par : macp | 03/11/2011

- Je suis bien le dernier à croire, comme tu sais, au progrès social, sinon je serais pas anarchiste mais Christine Boutin. La société n'améliore pas l'homme, elle l'affaiblit individuellement jusqu'à en faire une bestiole pire que les bestioles. Il faut être Boche ou soldat pour croire que l'homme est fait pour vivre en société.
Non, ma petite utopie c'est de croire que ceux qui en croquent le moins, et "Charlie" n'est pas le "Figaro" de ce point de vue-là, sont ceux qui sont les plus faciles à ébranler dans l'autre sens. Remarque que le Christ ne se défend pas contre ceux qui lui crachent à la figure, c'est pas Spartacus, mais qu'en revanche il se met en colère contre les marchands du temple, car la méthode est bien plus pernicieuse que le blasphème. Saint Paul est un ancien blasphémateur. Mais les adorateurs du veau d'or...

Écrit par : Bardamor | 03/11/2011

Je ne crois pas qu'il existe de différence entre un blasphémateur et un adorateur du veau d'or. Ils se servent juste d'une valeur étalon différente, le verbe contre l'argent, pour mesurer et justifier leurs prérogatives sur autrui et célébrer le diable. Si le Christ ne se défend pas, est-ce car le blasphème est moins grave ou car cela est l'affaire du Père (ce n'est pas affirmation mais un un questionnement)?

Écrit par : macp | 08/11/2011

- Au préalable, il faut comprendre la particularité du christianisme, foi dans le salut et non en dieu. La richesse, le culte du veau d'or barrent la voie du salut. La colère du prophète Moïse, puis de Jésus-Christ, est dirigée contre des agents corrupteurs du salut.
- Du point de vue juif, et plus nettement encore du point de vue chrétien, les religions dites "anthropologiques" sont néfastes, c'est-à-dire que le lien social, dont la monnaie est un ingrédient essentiel, l'agrégation des hommes entre eux pour faire face à la mort et aux dangers de la nature, cette formule anthropologique typiquement païenne, contrecarre le lien spirituel entre l'homme et dieu, qui seul peut sauver celui-ci.
- Le blasphème contre dieu, et d'ailleurs la plupart des blasphémateurs le savent, ne fait que mettre à jour une conception anthropologique partisane de dieu. Comme dit le proverbe : "La bave du crapaud n'atteint pas la colombe." Ceux qui réagissent au blasphème violemment trahissent qu'ils se sentent personnellement visés, ce qui est humain.
Autrement dit, si les blasphémateurs de "Charlie Hebdo" étaient visés au niveau affectif et sentimental où se situent les sectateurs du veau d'or, désormais, la réplique serait proportionnée. Bien sûr il faut se montrer moins lâche que les blasphémateurs, et la pauvreté procure en soi le courage d'ignorer les crachats du riche.

Écrit par : Bardamor | 09/11/2011

Le salut, au sens commun, Platon y avait foi. L'existence de dieu, le diable y croit. Le salut sans la foi en Dieu n'est rien, la foi en Dieu sans la compréhension du salut, n'est rien.

Je ne suis pas touché par le blasphème mais concerné, tout comme le serait quelconque observateur de la chose. Le blasphème vise ma foi mais insulte Dieu. Si je dois défendre sa parole, ce n'est pas à moi de le venger, cela serait se substituer à lui.

Écrit par : macp | 16/11/2011

- Au sens "communiste", devriez-vous dire, car l'idéal de Platon est un salut d'ordre politique ou moral. Notez au passage que le pape Benoît XVI a une idée du salut 1/ platonique et non chrétienne ; 2/ qu'il ignore comme Platon que la morale et la politique sont deux ordres indissociables ; 3/ que le salut chrétien renverse l'ordre moral naturel païen.

- En revanche l'exemple d'Homère vous donne raison. Ulysse paraît bien chercher son salut (Ithaque) à l'opposé de la morale commune. D'une manière si peu païenne qu'elle fait soupçonner à Francis Bacon que les Grecs ont eu connaissance du judaïsme d'une façon ou d'une autre, tant l'individualisme de certains philosophes grecs est surprenant, comparé à l'ordre totalitaire égyptien.

- Autrement dit il y a bien une espérance corrélative à la foi en dieu chez les païens, qui se confondent strictement. L'existentialisme moderne ne fait jamais que recycler ce vieux schéma moral. Le code civil asservit le citoyen républicain moderne "parce qu'il le veut/vaut bien". Parce qu'il est déterminé par la haute estime de Lui (proche de la démence, dans le cas de BHL), comme s'il était dieu ou une personne inoubliable. Le déshonneur est d'ailleurs, dès Platon, un motif par où le dévôt trahissait la fonction personnelle de sa religion.

- Donc j'aurais dû écrire : le christianisme fournit un moyen de salut AUTRE que le principe de la foi (la charité) et contraire à l'ordre moral ou social. Comme le souligne Shakespeare d'une manière extrêmement subversive, les "rois très chrétiens" sont placés par rapport au salut chrétien dans la position la plus périlleuse et antagoniste qui soit.
Il arrive parfois que le commentateur moderne athée s'identifie aux rois dont Shakespeare a fait le portrait : c'est parfaitement logique. Souvent c'est pour le motif de la mélancolie et du goût pour la musique de ces rois, motif utilisé par Shakespeare pour signifier la possession de ces personnages, rois, princes ou éminences grises cardinalices, gouverneurs de la folie humaine basculant en tête dans le vide.

Écrit par : Bardamor | 16/11/2011

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