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26/04/2012

Caricature Anders Behring Breivik

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Je me répète, mais André Behring Breivik est le citoyen norvégien le plus banal, typique du genre de psychopathe que ce royaume plus ou moins fantoche de Norvège peut engendrer (dépourvu de souveraineté véritable, à l'instar de la Grèce).

Breivik est juste assez couillu pour ne pas attendre l'ordre de son gouvernement et préférer agir seul, contrairement à nos gendarmes du RAID ; il est assez anarchiste pour ne pas attendre que l'Etat décide à sa place du moment opportun pour frapper. (...)


Au travers de la désinformation médiatique, on devine que l'Etat-major des Etats-Unis, dans les guerres coloniales qu'il mène, doit répondre d'un certain nombre de soldats de ce type, dont la folie est le fruit d'un calcul gouvernemental. Celui-ci ne peut pas être d'une ponctualité parfaite. Seule la matrice est parfaite ; l'erreur, elle, est humaine.

Mieux, l'autodétermination de Breivik a quelque chose de moderne. Breivik n'est pas un fonctionnaire qui regarde passer les trains toute sa vie, mais une sorte... d'artiste. Il n'admet pas qu'on le traite de fou, parce que, dans son travail, il a procédé avec ordre et civilité (compte tenu du caractère odieux de la civilisation). Comme beaucoup d'artistes dans son genre, Breivik pense que l'avenir lui donnera raison.

Non, le fou, c'est bien plutôt ce sociologue norvégien, que j'ai entendu déclarer à la télévision : "Au moins, comme André Breivik est un terroriste qui vient de l'intérieur, nous parviendrons bien mieux à le cerner."

Ce type est un psychopathe (comme tous les sociologues, à vrai dire). Précisément parce que le terrorisme de Breivik vient de l'intérieur, il est plus difficile à comprendre ; d'autant plus par un sociologue, vu que cette corporation est essentiellement vouée à justifier le terrorisme d'Etat, dont celui de Breivik n'est que le débordement, assimilable à une bavure policière.

En effet, si Breivik est fou, alors la société norvégienne l'est aussi. Cqfd. Ce devrait être le sens de la défense de Breivik, si celui-ci déniche, chose rare, notamment dans les procès politiques, un avocat qui ne soit pas corrompu.

- Les sociologues sont comme les mathématiciens : ils adorent les problèmes de robinet ou les rubix-cubes, tant et si bien qu'ils sont prêts à en inventer, là où c'est inutile.

Le terrorisme "extérieur" est plus facile à traduire, bien qu'il ne soit pas radicalement différent. C'est un choc entre deux civilisations, et donc, fondamentalement, entre deux modes de propriété. Le terrorisme interne de Breivik, lui, s'attaque à la civilisation qu'il entend défendre. Il paraît donc absurde comme le suicide ou l'automutilation. En réalité c'est la civilisation qui est absurde, et ses défenseurs qui sont des bouffons. L'aliénation-obéissance au plan collectif abstrait de la civilisation, c'est-à-dire l'acceptation du totalitarisme, n'est consentie par l'individu qu'en échange du confort et de la protection. Autrement dit, l'aspect sécuritaire de la civilisation est déterminant. Comme dit l'humaniste anarchiste Louis-Ferdinand Céline : "L'abstraction est le refuge des lâches."

Breivik a le droit de solliciter la protection de la société occidentale ; et, comme celle-ci manque de répondant, de s'y substituer dans le domaine de la sécurité, qui est en effet la clef de voûte de la civilisation. L'artiste moderne répond à une telle logique paradoxale, et il est persuadé d'incarner librement à lui seul la civilisation. Le poète Michel Houellebecq en France est, par exemple, le genre d'auteur qu'on sent inspiré par le même type d'idéal que Breivik. Rares parmi de tels artistes sont ceux qui ont conscience que leur geste est plus proche de la dévotion que de la liberté.

Heureusement nous avons en France Céline ou Molière, beaucoup moins enclins à souscrire au terrorisme d'Etat ou à la théocratie. Molière a ainsi montré que la misanthropie, proche du comportement de Breivik, cache en réalité une passion incestueuse pour la société, comme celle d'un fils méprisé par sa mère ; l'envie et non l'indifférence du sage, le repli, simulés. Ainsi en plaçant Breivik sous les feux de la rampe, on soigne le manque de reconnaissance qui a déterminé son action pleine de panache social. Rien ne dit que, sur le plan social, Breivik a tort ou qu'il est déséquillibré. Le fanatisme enfle à mesure que les Etats enflent et que la liberté, elle, diminue.

C'est l'Etat qui est un élément de science-fiction majeur, et non le diagnostic porté par Orwell sur le totalitarisme qui, lui, est réaliste. Non pas actuel, mais très en retard sur Marx ou Shakespeare. Breivik, c'est Fortinbras. Comment vivre jeune, dans l'Occident gouverné par des vieillards pour des vieillards ? Apparemment Breivik n'a pas trouvé la solution.

Bardamor

Commentaires

Breivik aime big mother, et l'a fait savoir, son amour n'est pas caché.

Il est également moins salopard qu'un servant de pièce d'artillerie, qu'un pilote de chasse ou de drone. Le sang, la peur, le halètement paniqué de ses victimes, il ne vécut pas sa guerre à distance, dans l'absolution de l'ordre de mission, du fantoche, de la solde.

D'ailleurs, de son propre aveu, il estimait son acte dur, inhumain, mais nécessaire... exactement comme BHL : la guerre sans l'aimer. Breivik aurait dû s'engager dans l'aviation, couillon.

Écrit par : macp | 28/04/2012

Hitler a-t-il dit qu'il aime la guerre ? Pas plus qu'Alain Juppé. La guerre intervient toujours, y compris dans les nations barbares, comme une nécessité de dernier recours.
Le genre d'artiste que Breivik représente, consacré à conforter la société plutôt qu'à la combattre, cherche toujours à se porter à l'avant-garde, donc à anticiper le crime d'Etat, qui n'intervient qu'en dernier recours. Il n'est pas impossible que Breivik se suicide, d'ailleurs, si on l'empêche durablement de servir son royaume fantoche. Il ne ferait ainsi que précipiter les choses, puisque le socialisme n'est qu'un régime de suicide ralenti.

Écrit par : Bardamor | 28/04/2012

Hitler et Staline n'aimaient pas la guerre, Churchill et Trotski oui. D'ailleurs, qu'elle soit un ultima ratio ou une variable d'ajustement (ce qui ne la fait pas intervenir en dernier recours), il en existe toujours pour bander à l'idée d'avoir leur petite tambouille sanguinolente, de préférence en vase-clos, afin d'en humer les meilleurs miasmes. Breivik, anonyme troufion habité par l'ordinaire complexe de supériorité de l'individu moyen éclairé (par le diable) capitaliste, singe les grands de ce monde en émettant quelques pudeurs pour flinguer à la chaîne. "La tuerie explicitement jouissive, c'est bon pour la soldatesque et les journalistes", se disait-il.

Écrit par : macp | 29/04/2012

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