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21/05/2012

Réindustrialiser !?

C'est le volet national-socialiste du programme de François Hollande.

Doublement : d'abord parce que le caractère industriel est celui de l'Allemagne, dernière nation puissante à avoir connu la révolution industrielle, après l'Angleterre et la France - nation qui campe encore sur cette position, à la fois retardataire et avancée.

Sans comprendre la politique industrielle de l'Allemagne, impossible de comprendre le nazisme. Même le culte nazi pour la science juridique, dont la morale pure raciste est le corrolaire, rejoint l'idée de potentiel mécanique. Sans oublier la pornographie, dont certains penseurs humanistes ont pu dire qu'elle est sous-jacente à la culture nazie, "matricielle" selon le vocable nouvellement utilisé pour critiquer le totalitarisme. L'Allemagne fait actuellement partie du trio des nations en tête dans l'industrie du porno. (...)


- Secundo, la réindustrialisation est le volet national-socialiste du programme de F. Hollande, en raison du populisme ou de la démagogie qu'il véhicule. Promettre de réindustrialiser la France revient à promettre à un hospice de vieillards d'en faire un club de boxeurs redoutables. Le populisme n'est qu'indirectement Marine Le Pen ou Mélenchon : le principe actif du populisme, ce sont les promesses faites par l'élite au peuple pour le tenir en haleine, et que l'élite ne tient pas. Les cadres de l'Europe avaient fait miroiter l'enrichissement à leurs administrés ; ils n'ont pas même été capables d'une gestion honnête, et c'est le gangstérisme qui a été révélé. La conversion au discours socialiste de N. Sarkozy et A. Merkel ne fut que pour recouvrir l'Europe du manteau de Noé, et dissimuler tant bien que mal l'escroquerie juridique organisée, au nom de la croissance.

La promesse de Hollande de réindustrialiser, faite pour séduire au-delà de la fonction publique traditionnellement acquise à la cause du PS, remplit la même fonction que l'argument sécuritaire de Sarkozy. La France des "Trente Glorieuses" était plus sûre, parce que plus largement industrialisée. Les promesses récentes de la gauche et de la droite se présentent sous la forme d'un bond en avant vers un passé récent, compte tenu du vieillissement de la population.

Ouvrons une parenthèse pour dire que la science-fiction, méprisée à juste titre par Voltaire, est un genre qui procède du recyclage, de toutes façons. On peut ainsi dire que l'inconscient collectif est toujours à base de science-fiction, quelle que soit l'époque. La philosophie "new-age", par exemple, sorte de religion mystique à l'usage des citoyens d'une technocratie, a traversé plusieurs siècles de régimes politiques en apparence très divers, avec la souplesse d'un singe, prenant de nouvelles formes mais conservant toujours ce caractère essentiel de science-fiction.

Le nazisme n'introduit quoi qu'il en soit aucune nouveauté dans la manière de fasciner les foules ; il n'est qu'une sophistication d'une méthode éprouvée de longue date, une sophistication du même type que le cinéma. De telle sorte que l'humaniste qui écarte la science-fiction comme Voltaire, à l'instar des vieilles superstitions gothiques, rejettera aussi le cinéma.

Le plus cocasse est que l'impossibilité d'accomplir la réindustrialisation promise est ce qui rend le volet nazi du programme du PS parfaitement inoffensif. Les caïds du PS croient d'ailleurs sans doute moins dans la réindustrialisation que les caïds de l'UMP ne croyaient dans le nettoyage au kärcher de la banlieue. L'essentiel est de faire illusion jusqu'aux législatives.

Cela ne doit pas pour autant dissimuler que la concurrence économique entre nations est une guerre larvée, dissimulée derrière l'argument du "choc des cultures", répétition de l'argumentaire nazi. Autrement dit quand il n'y a pas des morts violentes, à l'occasion de guerres qu'il faut envisager comme des pics de violence, le monde vit dans un état de concurrence économique qui ne fait pas moins de ravages que les épisodes violents. L'inconscient collectif joue le rôle d'oeillères, permettant de ne pas voir cette réalité atroce ; les promesses politiques sont faites du même tonneau, et c'est pourquoi elles ne manquent pas de faire leur petit effet à chaque fois, aussi grossières soient-elles.

La méfiance des promesses politiques, dont on peut faire une caractéristique française, cette méfiance a été au cours des cinquante dernières années ans soigneusement combattue, plus que jamais, par l'élite de la République française, apportant sa contribution à l'imbécillité générale, pour ne pas dire la bestialité.

Télémax

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