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07/06/2012

L'économie facile (14)

Pour un peu l'économie moderne ferait paraître éclatant de vérité le propos du vieil Homère selon lequel, si la folie est humaine, la sagesse, elle, est divine. Bien sûr Homère n'est pas le genre à vanter Dionysos, à l'instar du conservateur de musée, pour vous inciter à faire un tour de manège en plus, à 7 euros le ticket.

- L'homme du peuple se demande aujourd'hui comment l'économie a pu devenir l'antithèse de ce qu'elle prétend être, à savoir une science plus ou moins subtile du... gaspillage. Quant aux banquiers enrichis de la sueur et du sang des peuples, ils ne savent pas non plus eux-mêmes le moyen de réduire leur propre gabegie, afin d'enrayer l'amenuisement de leur rente. (...)


L'explication de ce gaspillage est simple et déjà élucidée depuis Homère, ce qui est significatif de la perte ou de temps ou du délai accumulé depuis lors. Le gaspillage tient à ce que l'homme n'a pas vraiment sa place dans la nature. Il est lui-même une personne physique concurrente de la nature, un microcosme à lui seul, comme disent les anciens, très éloignés de l'idée d'évolution des espèces, qui a l'heur de satisfaire d'abord la raison économique. L'homme soumet la nature, ou bien il se laisse dominer par elle suivant son appétit, mais jamais il n'est en harmonie avec la nature, autrement que dans ses rêves (ou au cimetière).

Il ne suffit pas d'affirmer l'adaptation de l'homme à la nature comme Pangloss, Darwin, les physiocrates libéraux ou le nazisme : encore faut-il prouver que les hommes révoltés contre la condition humaine ou qui l'interrogent, n'appartiennent pas à l'espèce des hommes. L'évolution demeure une promesse d'ordre moral ou politique tant que l'humanité ne souffre pas majoritairement de vivre, et que la position économique dominante ne profite pas à quelques "happy few".

L'évolutionnisme a autant valeur de science-fiction que d'élucidation de l'origine de l'homme, c'est-à-dire qu'il est entièrement centré sur l'homme, comme l'économie et non la science.

Ainsi l'homme a besoin de croire qu'il peut s'adapter : sans cela son travail n'a pas beaucoup de sens. Le travail de l'homme est insensé quand il a pour but une prétendue "libération", qui n'est autre que le bien-être ou le sentiment d'être en harmonie avec la nature, "bien dans sa peau". Une telle folie ne peut séduire que les personnes frustrées ou malades, privées de jouissance. Or celle-ci anime l'économie moderne, qui séduirait peu des foules moins inaptes à jouir. De sorte que l'économie moderne est fondée sur une promesse qu'elle ne doit surtout pas tenir, sous peine de faire faillite.

Une telle absurdité ou une telle folie économique, qui peut faire passer certains de nos dirigeants pour de véritables malades mentaux, a son origine dans la volonté d'adaptation au monde, qui fut la métaphysique truquée en vigueur déjà du temps de l'Egypte antique, pratiquement une métaphysique "sui generis" destinée à offrir une maigre compensation, sous forme de monde virtuel ou de paradis artificiel, aux citoyens d'une théocratie étouffante.

Télémax

03:00 Publié dans Club de l'Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fanzine, satirique, économie, télémax, anarchiste | | |

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