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13/06/2012

Slogan anarchiste

Sur un mur de Paris, ce slogan anarchiste : "L'anarchie est la revendication d'un ordre supérieur."

Peu d'étrangers le savent, mais Paris est une des capitales de l'anarchie, ce qui explique qu'elle soit réticente aux mouvements sociaux, qui viennent de la province.

On ne peut pas en vouloir à la société d'être imperméable aux choses spirituelles. La société n'est pas faite pour ça. Un âne sans oeillères n'avance pas. La connerie est un ingrédient social déterminant. On ne peut qu'en vouloir aux curés de faire gober aux gosses que la société est autre chose qu'un plan truqué, en échange d'un salaire. Le degré de corruption le plus élevé d'une société se trouve chez les personnes chargées de la blanchir.

23:33 Publié dans Fauchon la Culture ! | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : fanzine, au trou, anarchie, anarchiste, slogan | | |

Commentaires

-"L'anarchie est la revendication d'un ordre supérieur" : faut voir. "Nous, fascistes, sommes les seuls véritables anarchistes" disaient les protagonistes de Salo.

-"Paris est une des capitales de l'anarchie" : Paris étant aujourd'hui essentiellement composée de néo-parisiens, si c'est une capitale, c'est celle de l’anarchocapitalisme.

- "Le degré de corruption le plus élevé d'une société se trouve chez les personnes chargées de la blanchir" : d'où l'hostilité d'une partie de la classe politique envers tout ce qui peut porter atteinte à l'image de la république, de la personnalité de l'ancien président à celle de la compagne de l'actuel.

Écrit par : macp | 14/06/2012

En juin 1918, Nestor Makhno se rendit à Moscou pour consulter quelques militants anarchistes sur les méthodes et les tendances des activités libertaires révolutionnaires à accomplir parmi les paysans ukrainiens.(Extrait)

La Révolution et ses conquêtes sont chères aux anarchistes communistes ; et c'est la preuve qu'à ce point de vue-là, ils se ressemblent tous.
- Oh, ne venez pas nous dire ça, rétorqua Lénine en riant, nous connaissons les anarchistes aussi bien que vous. Pour la plupart, ils n'ont aucune notion du présent, ou en tout cas, ils s'en soucient très peu ; or le présent est si grave que n'y pas penser ou ne pas prendre position d'une manière positive vis-à-vis de lui est pour un révolutionnaire plus qu'honteux. La majeure partie des anarchistes a leurs pensées tournées vers l'avenir et lui consacrent leurs écrits, sans chercher à comprendre le présent : et cela aussi nous sépare d'eux.

Sur ces mots, Lénine se leva de son faute-il et marchant de droite à gauche, il ajouta :

- Oui, oui, les anarchistes sont forts par les idées qu'ils se font de l'avenir dans le présent, ils n'ont pas les pieds sur terre ; leur attitude est lamentable et cela parce que leur fanatisme dépourvu de contenu fait qu'ils sont sans liens réels avec cet avenir.

Sverdlov eut un sourire malicieux et, se tournant vers moi, il me dit :

- Vous ne pouvez le contester. Les réflexions de Vladimir Ilitch sont justes.
- Les anarchistes ont-ils jamais reconnu leur manque de réalisme dans la vie "présente"? Ils n'y songent même pas, s'empressa d'ajouter Lénine.

Répondant à cela, je dis à Lénine et Sverdlov que j'étais un paysan à demi illettré et que je ne voulais pas discuter l'opinion pour moi trop savante que Lénine venait d'émettre sur les anarchistes.

- Mais je dois vous dire, camarade Lénine, que votre assertion, à savoir que les anarchistes ne comprennent pas "le présent" , qu'ils n'ont pas de liens réels avec lui, etc., est foncièrement erronée. Les anarchistes communistes d'Ukraine (ou du "sud de la Russie", puisque vous, communistes bolcheviks, vous efforcez d'éviter le mot Ukraine), les anarchistes communistes, dis je, ont déjà donné un grand nombre de preuves qu'ils sont de plain-pied dans "le présent" . Toute la lutte de la campagne révolutionnaire ukrainienne contre la Rada centrale a été menée sous la direction idéologique des anarchistes communistes et en partie des S.-R. (qui, à vrai dire, assignaient de tous autres objectifs que les nôtres, anarchistes communistes, à leur lutte contre la Rada). Vos bolcheviks n'existent pour ainsi dire pas dans nos campagnes ; ou, s'il s'en trouve, leur influence est infime.
Presque toutes les communes ou associations paysannes en Ukraine ont été formées à l'instigation des anarchistes communistes. Et la lutte à main armée de la population laborieuse avec la contre-révolution en général, et la contre-révolution incarnée par les armées d'invasion austro-hongroises et allemandes, a été entreprise sous la direction idéologique et organique exclusive des anarchistes communistes. Certes, il n'est pas dans votre intérêt de parti de mettre tout cela à notre actif, mais ce sont là des faits que vous ne pouvez contester. Vous connaissez parfaitement, je suppose, les effectifs et la capacité combative des corps francs révolutionnaires d'Ukraine. Ce n'est pas sans raison que vous avez évoqué le courage avec lequel ils ont héroïquement défendu nos conquêtes révolutionnaires communes. Parmi eux, une bonne moitié a combattu sous le drapeau anarchiste. Mokrooussov , M. Nikiforova, Tchéredniak, Garine, Tcherniak, Lounev et beaucoup d'autres commandants de corps francs qu'il serait trop long d'énumérer sont tous des anarchistes communistes. Je ne parle pas de moi, du groupe auquel j'appartiens et de tous les autres groupes de partisans et "bataillons de volontaires" pour la défense de la révolution que nous avons formés et qui n'ont pu êtres ignorés du commandement des gardes rouges. Tout cela montre avec une force suffisante à quel point, camarade Lénine, est erronée votre allégation, à savoir que nous, anarchistes communistes, n'avons pas les pieds sur terre, que notre attitude dans "le présent" est lamentable, bien que nous aimions beaucoup penser à "l'avenir" . Ce que je vous ai dit au cours de notre entretien ne peut être mis en doute, car c'est la vérité. L'exposé que je vous ai fait contredit les conclusions que vous émettez sur nous, et tout le monde, vous y compris, peut y voir la preuve que nous sommes de plain-pied dans "le présent" , que nous y travaillons en cherchant en lui ce qui nous rapproche de l'avenir, auquel, en effet, nous pensons et très sérieusement."

À ce moment, je regardai Sverdlov. Il devint rouge, mais continua à me sourire. Quant à Lénine, il dit, écartant les bras :

- Il se peut que je me trompe.
- Oui, oui, en l'occurrence, camarade Lénine, vous avez été trop sévère pour nous, anarchistes communistes, simplement, je crois, parce que vous êtes mal informé de la réalité ukrainienne et du rôle que nous y jouons.
- Peut-être, je ne le conteste pas. Qui d'ailleurs est à l'abri de l'erreur, surtout dans la situation où nous sommes ? répondit Lénine. Et se rendant compte que j'étais devenu un peu nerveux, il s'efforça paternellement de me tranquilliser en faisant dévier très adroitement l'entretien sur un autre sujet. Mais mon mauvais caractère, si je peux m'exprimer ainsi, ne me permit pas, malgré tout le respect que m'inspira Lénine au cours de notre conversation, de m'y intéresser davantage. Je me serais offensé. Et malgré le sentiment que j'éprouvais d'avoir en face de moi un homme avec qui il y aurait bien d'autres sujets à aborder ou duquel il y aurait beaucoup à apprendre, mon état d'esprit s'altéra. Mes réponses n'étaient plus aussi détendues ; quelque chose en moi s'était rompu et un sentiment pénible m'envahissait.

Lénine n'avait pas pu ne pas se rendre compte de ce changement dans mes sentiments. Il s'efforça de le pallier en parlant d'autre chose. Et s'apercevant que je revenais à de meilleures dispositions et que je me laissais gagner par son éloquence, il me demanda soudain :

- Ainsi vous avez l'intention de regagner clandestinement l'Ukraine ?
- Oui, répondis-je.
- Puis-je vous apporter mon concours ?
- Volontiers, dis-je.

Écrit par : Fodio | 14/06/2012

@macp : rien ne distingue le fachisme du républicanisme, sauf peut-être l'âge de ses partisans. Je ne vois pas dans le fachisme la revendication d'un ordre qui ne serait pas temporel, donc éthique ou politique. Qui va puiser matière à méditation dans la philosophie nazie de Heidegger ou H. Arendt aujourd'hui, si ce n'est des philosophes de l'université républicaine ?
- le nouvel ordre mondial libéral au bord du chaos est une théorie de mathématiciens de province (de Pangloss-Leibnitz à Jacques Attali).
- Je sens encore la présence dans Paris de Balzac, Bloy, Céline, S. Weil, qui tous préviennent avec plus ou moins de force contre les méfaits de la société, ce "gros animal néfaste".

@Fodio : grâce à Marx, Lénine a compris que le présent est le temps des puissants, qui s'efforcent de reléguer dans le passé ou le futur leurs esclaves, car la jouissance est la chose du monde la moins bien partagée.

Écrit par : Bardamor | 14/06/2012

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