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16/03/2014

L'Anarchiste Robert Crumb

Il y a des tas de sortes d'anarchistes différents, y compris certains qui se réclament dewebzine,anarchiste,au trou,robert crumb,nietzsche,michel onfray,cornélius,crème,critique,zébra Nietzsche comme Michel Onfray (grosse plaisanterie).

L'Américain Robert Crumb, lui, auteur de bandes-dessinées "underground", se situe entre le communisme et l'anarchisme. L'anarchie parce que la politique semble irrémédiablement le domaine réservé d'irresponsables ambitieux animés du souci "oedipien" ou incestueux d'épater leur mère (y compris quand celle-ci repose six pieds sous terre) -, et le communisme parce qu'il paraît excessivement utopique de ne pas envisager un mode alternatif d'organisation sociale.

Même si Karl Marx penche plutôt du côté de l'anarchie que du communisme, on retrouve cette contradiction chez le chroniqueur de la mort annoncée du capitalisme, ou du moins le germe de cette contradiction, qui a permis à la propagande soviétique ou stalinienne de compromettre Karl Marx avec les pires exactions commises par des régimes totalitaires, qu'il n'a en rien cautionnés contrairement à des salauds comme Sartre, Aragon, Eluard, etc. (en qui Marx aurait aisément décelé des curés).

Si l'hitlérisme a été vaincu par le stalinisme, qui lui-même a été vaincu par l'idéologie libérale, cela fait mathématiquement de l'idéologie libérale et de l'ultra-nationalisme européen ou étatsunien les concepts totalitaires les plus machiavéliques et les plus dangereux. Or il est un aspect de ce totalitarisme ultime que l'art de Robert Crumb dévoile utilement, dans la mesure où l'oppression s'exprime aussi sur le plan artistique. Dans l'interview qu'il donne à Gary Groth, et que l'éditeur français Cornélius a reproduit dans une petite anthologie des oeuvres de Crumb (2012), celui-ci témoigne du double obstacle à la culture populaire que constituent la culture élitiste et la culture de masse. Robert Crumb est lui-même un exemple d'artiste populaire extrêmement isolé au sein de la culture américaine.

De fait ce qui distingue l'ultra-nationalisme prétendument "post-moderne" de ses antécédents nazi ou stalinien, c'est un usage accru de la culture de masse par les élites possédantes, afin de maintenir à l'état sexuel ou animal les trois-quarts de l'humanité. On relève ainsi l'effort de factotums du capitalisme pour faire passer la culture de masse pour une "culture populaire", alors même qu'elle fait l'objet d'une prescription de nature, disons, "technocratique". Autrement dit la "modernité" n'est pas un argument religieux populaire, mais une doctrine religieuse élitiste (bien que certaines personnes issues de milieux populaires y adhèrent afin de parvenir à s'élever socialement). 

L'Américain Crumb est un artiste "underground" au sens actif et dissident du terme, et non hélas trop souvent comme sont les artistes "underground", sur une position de repli et de défense. Sa manière de combattre, de manière isolée, plaide plutôt en faveur de l'individualisme et de l'anarchie que du communisme révolutionnaire. C'est une chose que Marx distinguait parfaitement, à savoir que la science est une menace plus grande pour l'élitisme que la violence révolutionnaire, que la tyrannie parvient toujours à retourner en sa faveur, pour ne pas dire que les élites, en particulier libérales, contribuent à financer le chaos et entretenir le militantisme.

Pour une recension plus complète de "La Crème de Crumb" (éds. Cornélius), voir le webzine-BD Zébra.

Bardamor 

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