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04/04/2014

Cirque électoral

On peut critiquer l'utopie démocratique marxiste - et Marx y incite même -, mais ilfanzine,au trou,anarchiste,webzine,élections,démocratie n'empêche que cette utopie a un minimum de logique ; elle indique dans le déploiement des tentacules de l'Etat moderne, ainsi que dans le mécanisme économique qui anime cet Etat, une atteinte majeure à la liberté individuelle. Le marxisme n'est pas un panurgisme électoral de gauche (= PCF).

Tandis que l'idéologie démocratique-républicaine, elle, est complètement ubuesque - un mariage impossible des contraires. En effet, d'une part l'utopie démocratique contrecarre la raison républicaine ; d'autre part l'Etat de droit républicain repose sur le droit, l'élitisme et l'ordre moral - tandis que la démocratie est une volonté d'émancipation de cet élitisme.

La logique marxiste est, d'inspiration chrétienne*, une logique immorale ou amorale, tandis que le raisonnement élitiste -que l'on songe à Nietzsche, par exemple- implique nécessairement de nier le sens de l'histoire, ce que ce philosophe réactionnaire fit en affirmant qu'il n'y a là qu'un fantasme chrétien.

La contradiction majeure qui découle de cet amalgame, et s'avère pratiquement inconsciente dans l'esprit du public, a plusieurs conséquences graves. Elle laisse le champ libre à la logique capitaliste et son raisonnement, certes primaire, mais cependant moins débile que l'idéologie dite "de gauche" la plus antimarxiste (car reposant sur une catéchèse de l'histoire).

Par ailleurs la manière dont les élites politiques, mais plus encore les élites intellectuelles et médiatiques utilisent la démocratie, comme un os à ronger, est particulièrement néfaste. Elle ne fait qu'accroître l'abrutissement du public - on constate que se développe dans tous les domaines le culte de la personnalité ; elle rend aussi l'exercice gouvernemental plus difficile à mesure que la tartuferie des apôtres de la démocratie se découvre.

La démocratie a en outre de plus en plus d'adversaires en dehors de l'Occident, car elle est devenue un slogan néo-colonialiste (cf. BHL). (...)


On peut faire du point de vue marxiste, c'est-à-dire historique et non partisan, plusieurs remarques à propos de cet état sinistre des lieux :

- contrairement à ce que de soi-disant communistes prétendent, il n'y a pas de solution économique marxiste au gaspillage des ressources humaines capitaliste ; c'est bien plutôt la doctrine réactionnaire de Nietzsche qui se trouve derrière le discours de la "décroissance". Marx pense bien plutôt comme Aristote que l'économie est nécessairement une activité de primates. Marx observe la décadence, l'abaissement au stade économique, et s'efforce d'en comprendre le sens historique.

- l'amalgame idéologique entre les valeurs républicaines et l'aspiration démocratique ressemble à s'y méprendre à la contradiction de la doctrine catholique romaine, comme si l'inconscient collectif était fait des mêmes illusions au XXIe siècle qu'en l'an mil. L'Eglise romaine reposait ou repose en effet sur la promesse de libération pour tous, évangélique, et la négation institutionnelle de ce principe, qui fait de la doctrine de cette Eglise un curieux mélange de culte providentiel et de prétention universaliste. La remarque de C. Péguy sur le prolongement du culte romain par l'instituteur laïc aurait sans doute été approuvée par Marx, à la fois hostile au culte romain et aux valeurs mystiques républicaines.

- certains politologues pointent de façons superficielle les dangers du marketing politique ; celui-ci permet en effet à chaque citoyen-consommateur de se choisir un candidat proportionné à ses revenus, c'est-à-dire de faire le choix de l'impuissance politique en votant à l'extrême-gauche ou à l'extrême-droite quand ses revenus sont faibles. Mais ce marketing politique, s'il est une impasse, est aussi une stratégie délibérée de la part de la société civile et de ceux qui disposent d'un pouvoir effectif. C'est grosso modo la stratégie du "bobo" qui consiste à masquer à l'aide du costume bohème le fossé qui sépare les citoyens impuissants de ceux qui jouent un rôle social actif. Pour mettre un terme au marketing politique, en usage à l'échelle mondiale, il faudrait faire l'aveu que la démocratie et le cirque électoral qui va avec sont une imposture - une imposture qui, de surcroît, ne trouve pratiquement aucun appui dans la pensée française. Or cet aveu, qui s'accompagnerait d'une responsabilité accrue du personnel politique, et sans doute d'économies substantielles (le faste religieux démocratique a un coût publicitaire et écologique), heurterait sans doute aussi peu la conscience des Français que la traversée de la Manche en TGV pour séjourner au Royaume-Uni. Le mensonge s'impose pour une autre raison : il faut un motif aux industriels français afin de s'immiscer dans la compétition économique internationale, et justifier le néo-colonialisme comme l'ingérence démocratique.

- mettre un terme à la démocratie égalitariste, inepte en droit comme sur le plan historique ou spirituel serait un but franchement respectable ; le machiavélisme politique seul s'y oppose.

 Bardamor

*l'universalisme chrétien (ou juif) n'est pas d'ordre moral ou éthique.


15:03 Publié dans Ecran Total | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fanzine, au trou, anarchiste, webzine, élections, démocratie | | |

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