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13/05/2014

Qui a peur...

...du grand méchant FN ?

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Le Front National de Marine Le Pen joue le rôle d'épouvantail à moineaux dans la vie politique française. Quelle société se passe de tabous ?

C'est surtout ce qu'un anarchiste reprochera au FN - de renforcer le "système" en jouant ce rôle de repoussoir et d'exutoire, et non de le desservir, contrairement à sa prétention. Car le diable a un rôle social primordial. Impossible pour le FN de se "dédiaboliser", d'ailleurs, si tant est que ce soit dans son intérêt (ça ne l'est sans doute pas), sans diaboliser une autre frange de la population et fabriquer un nouvel épouvantail.

Le problème de Jean-Luc Mélenchon et de l'extrême-gauche, sur le plan électoral, est de ne pas paraître assez diaboliques et de moins se distancier des "institutions". Ils n'ont ainsi de crédibilité qu'auprès d'une fraction réduite de la population, ouvriers ou employés plus préoccupée de problèmes concrets que d'un idéal de révolution ou de rébellion (l'extrême-gauche semble d'ailleurs oublier que le réflexe institutionnel est bien plus "allemand" qu'il n'est dans le tempérament français).

Dès que J.-L. Mélenchon durcit son discours, il est diabolisé de la même façon que Le Pen. Notamment auprès des plus jeunes, l'extrême-gauche n'a pas le même goût de fruit défendu que le FN.

Contrairement aux dires des représentants du FN ou de l'extrême-gauche, l'abstention est une menace plus grande pour l'Europe et ses actionnaires, que le vote-sanction. La mécanique européenne est enrayée ; de ce seul fait l'édifice vacille. Le vote-sanction, s'il parvenait à bloquer les institutions européennes, ne ferait que stopper un navire en panne, et de surcroît favoriser cette vieille ruse des élites qui consiste à accuser le peuple de populisme. (...)



Il faut ajouter que, s'il n'y a pas d'organisation sociale possible sans tabou, sans péché par rapport à la société, l'éthique n'a jamais préservé aucune société du chaos, et sans doute moins aujourd'hui que jamais, à l'heure de la mondialisation, puisque les élites morales et politiques n'ont pas plus de prise directe sur l'éthique, qu'elles n'en ont sur l'économie.

A ceux qui voient sincèrement dans le Front national une menace populiste et une dérive inquiétantes, il faut conseiller d'ouvrir un jour un livre d'histoire, après avoir brûlé leurs manuels d'éducation civique (en principe négationniste) : en effet, les menaces populistes réelles et sérieuses dans l'histoire, qu'il s'agisse de la révolution française, bolchevique, ou encore des coups d'Etat fascistes, ne sont que les symptômes d'une maladie politique ou les conséquences d'un processus politique. La tête de Louis XVI ne tombe pas du fait d'un simple caprice de Robespierre. Pas plus la minorité juive ne s'est retrouvée en camp de concentration du fait de la folie de quelques aventuriers nazis.

Autrement dit : 1/l'instruction civique est largement destinée à occulter la responsabilité des élites dans le déclenchement des violences populistes passées ;

2/quand le symptôme se produit, il est beaucoup trop tard pour l'arrêter ;

3/la menace populiste n'est jamais suivie d'effet sans l'appui de forces dont le FN est complètement dépourvu, menace aussi fantasmatique que la menace islamique agitée par le FN lui-même ;

4/enfin, le point le plus important, car le thème d'un mensonge permanent de la part des élites, au point qu'on peut dire ce mensonge consubstantiel à l'élitisme et constitutif d'un déni de démocratie : en aucun cas la perspective politique n'a un sens historique. La perspective politique est un point d'aveuglement, connu sous la dénomination la plus commune de l'avenir. En tant que science, l'histoire ne tient pas compte d'hypothèses spéculatives abstraites, d'une détermination aussi religieuse que l'avenir. L'historien qui intègre l'avenir à l'histoire ne vaut pas mieux, en tant qu'historien, qu'un collectionneur d'anecdotes du passé. Les considérations morales et religieuses dans l'histoire et la science en général, sont la marque d'un absolutisme d'ordre politique et moral.

La construction européenne a un mobile capitaliste primaire et seulement primaire. La crise économico-constitutionnelle actuelle est la preuve flagrante que le mobile européen est entièrement dénué de motivations humanistes. L'appel du chef de l'Etat à la mobilisation pour faire l'Europe est le slogan le plus creux, au niveau de "l'entreprise France", et son invocation de l'Histoire plus que dérisoire - indécente. C'est ici la même conception de l'histoire que celle de son collègue et prédécesseur en Afrique, bombant le torse - une conception de l'histoire à l'usage des technocrates.

C'est donc le rôle de l'anarchiste, après Shakespeare, Marx, Orwell, voire Nietzsche (qui n'est pas anarchiste mais dénonce cette imposture nationale-socialiste allemande), de rappeler que la confusion de l'histoire avec la perspective politique est l'argumentation typique de l'idéologie totalitaire ; que celle-ci soit soviétique, aussi bien que nazie ou démocrate-libérale. Après avoir dit qu'il n'aimait pas l'argent, François Hollande invente de toutes pièces un sens monétaire de l'histoire. Le type qui a inventé l'expression de "serpent monétaire" a mieux suggéré quel type de politique anime l'Europe. 

Bardamor

 

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