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13/08/2014

Islam et fanatisme

La peur a ceci de positif qu'elle contribue à cimenter la société. Il n'y a donc pas de société sans épouvantail : l'anarchie, le FN, les juifs, actuellement l'islam, bête noire des mouvements populistes et de ceux qui les manipulent (les entreprises capitalistes requièrent une main-d'oeuvre immigrée à bas coût, et se soucient comme d'une guigne de la confession religieuse des travailleurs qu'elle requiert).

De là à penser qu'on terrorise plus facilement un troupeau de moutons et que le déterminisme social est un panurgisme, il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement. L'épouvantail, sur lequel l'attention de l'opinion publique est focalisée, selon des méthodes qui déconsidèrent la démocratie, a le grave inconvénient de dissimuler les vrais dangers qui menacent la société. D'une certaine façon on peut dire que la société est toujours "cueillie" par le véritable danger, qu'elle ne voit venir qu'au dernier moment.

Laissons de côté la théorie la plus grossière, qui postule que le Coran, en lui-même, a le pouvoir de rendre ses lecteurs fanatiques, un peu comme la musique militaire ou le "heavy metal" ; on pourrait prendre encore l'exemple de l'or, qui a le don de rendre certaines personnes folles, paraît-il, où encore l'amour, qui pousse certaines personnes faibles d'esprit bêtement au crime.

Mais passons à des arguments plus sérieux : la thèse du fanatisme islamique a sans doute une origine laïque, puisqu'elle a pour effet d'occulter le fanatisme laïc. De fait, inutile d'avoir fait de longues études d'histoire pour remarquer que les massacres et génocides modernes, que l'on peut sans craindre de se tromper imputer à une forme de fanatisme, l'ont tous été au nom d'une idéologie laïque non-confessionnelle - qu'il s'agisse du communisme, ou bien du culte néo-païen nazi, à eux seuls responsables de plusieurs centaines de millions de morts. Sans oublier le nationalisme bourgeois plus banal de nations comme la France, l'Angleterre ou les Etats-Unis, qui ont tiré de l'argument de la défense de leurs avoirs fonciers, ou de leurs investissements au-delà des mers, matière à un fanatisme non moins efficace.

Quid du fanatisme dans le bain de sang du XXe siècle ? Certains diront : - oui mais l'islam est le nouveau fanatisme, en remplacement de l'ancien. Cela pose plusieurs questions : d'abord pourquoi les Arabes n'auraient-ils pas droit, à leur tour, de se comporter en barbares ? La barbarie serait-elle l'apanage de l'Occident laïc ? Ensuite la laïcité, qu'est-ce que c'est que cette religion ? Qui sont ses prêtres exactement ? Les philosophes des Lumières ? Quand J.-J. Rousseau désigne la propriété comme la cause de tous les malheurs sociaux, est-ce que son propos est toujours d'actualité depuis que l'Occident a fait de net progrès dans l'expropriation légale du reste du monde ? Si au contraire la propriété est une valeur sociale fondamentale, peut-on reprocher aux musulmans de vouloir agrandir la leur jusqu'à récupérer ce qui leur a été dérobé, afin de devenir ainsi de plus en plus propriétaires, c'est-à-dire de plus en plus respectables et moins fanatiques ?

Un dernier point : bizarrement l'islam le plus puissant et donc le plus menaçant, celui de l'empire ottoman, grignotant la moitié de l'Europe, est celui qui est le moins accusé de fanatisme.

Bardamor

20:08 Publié dans L'Odeur du Danemark | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islam, fanatisme | | |

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