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17/04/2015

Du péché...

de racisme.

L'éthique capitaliste ou libérale substitue ou rajoute à la liste des anciens péchés un certain nombre de nouveaux, que le philosophe réactionnaire Nietzsche regroupe sous le terme de "moraline", par lequel il désigne une éthique irrationnelle, car dépourvue de lien avec la nature.

Du point de vue scientifique, il faut bien admettre que Nietzsche est un penseur réactionnaire, d'une part, et d'autre part examiner si la "moraline", suivant son expression, est bel et bien contre-productive du point de vue éthique, comme il le prétend, autrement dit mesurer l'efficacité de l'antiracisme, ne serait-ce qu'en termes de paix sociale.

Contentons-nous ici de justifier l'adjectif capitaliste ou libéral pour qualifier l'éthique antiraciste. D'abord, contrairement aux propos de certains philosophes "post-modernes", le capitalisme en modelant le comportement humain, joue bien un rôle éthique actif ; quel principes éthiques néfastes sont à l'oeuvre dans le nazisme ? Un marxiste répondra d'abord : la concurrence capitaliste et la technocratie, dans la mesure où le racisme est une notion beaucoup plus indéfinie, plus religieuse que scientifique. A l'opposé de Nietzsche, K. Marx fustige aussi l'éthique bourgeoise moderne, à commencer par les "droits de l'homme", persuadé que les tribunaux et le droit ne peuvent prendre en compte autre chose que des rapports de force, ou qu'ils ne prennent autre chose en compte que par feinte.

Le signalement du racisme comme l'une des causes du nazisme a pour but de pointer les débordements populaires comme la cause du problème.

Par ailleurs, on pourrait s'amuser à substituer, dans le fameux discours où J.-J. Rousseau dénonce la propriété et l'argent comme se trouvant à l'origine des tourments de l'humanité, le mot "propriété" par le mot "argent" ; comme par enchantement, la propriété se trouve blanchie à travers l'antiracisme du soupçon qui pèse sur elle depuis l'Antiquité d'être une cause de déséquilibre social et de guerres. La présomption d'innocence du pauvre, dans le discours moral de Rousseau, devient une présomption d'innocence des élites dans la morale libérale. Or la réalité donne raison à Rousseau, car l'insulte raciste n'est le plus souvent qu'une manière de défendre ses intérêts, moins répandue dans les élites car celles-ci disposent de moyens de défense moins primitifs et plus efficaces.

Enfin l'antiracisme est un élément de l'éthique capitaliste en raison de la tournure irrationnelle ou ubuesque que prennent certains débats sur le racisme, dont le questionnement suivant est exemplaire : "Que signifie le racisme, si les races n'existent pas ?" De la même façon, la lutte contre l'antisémitisme se caractérise par l'absence de caractérisation du juif ; parle-t-on de race, de religion ? Les moralistes capitalistes évitent de répondre à cette question.

Or, du point de vue éthique, il n'y a rien de pire que les calculs irrationnels ; ils définissent plus ou moins le règne de l'arbitraire.

Télémax

11:15 Publié dans Ecran Total | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : webzine, anarchiste, au trou, racisme, péché | | |

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