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10/10/2014

L'Anarchiste et l'Etat

Ce que vise l'anarchiste, ce n'est pas tant la destruction de l'Etat moderne totalitaire, cause impossible en raison de son ampleur, et que seule la nature ou une puissance cosmique supérieure pourraient accomplir.

Le but de l'anarchiste est d'échapper aux effets de la violence de l'Etat et du confort modernes, conçus pour avilir la conscience et fondre l'individu dans la masse statistique, afin d'échapper à la logique d'autodestruction de cet Etat, plus ou moins bien décrite par divers penseurs tels que Marx ou Nietzsche - ou bien encore tous les esprits critiques à l'égard de la culture de masse, phénomène totalitaire caractéristique.

A cet égard la science, invoquée par K. Marx comme la meilleure protection contre la tyrannie, demeure le fer de lance de l'anarchie, à condition d'être capable de distinguer la science de ce que les actionnaires de la technocratie présentent comme tel. Ainsi la médecine, par exemple, n'est pas une science véritable mais un art, dans la mesure où la médecine ne fait que tirer de la nature quelques ressources contre la maladie, sans véritablement la surmonter, et créant même parfois de nouvelles maladies du fait de l'imprudence de ceux qui pratiquent l'art de la médecine. Si la médecine était une science, alors les bêtes sauvages qui la pratiquent instinctivement et qui savent mieux jouir que certains hommes, seraient plus avancées que l'humanité dans l'art de la médecine.

Dans le monde moderne et dans le cadre du culte superstitieux de l'Etat, l'anarchiste est le dernier défenseur de la science contre les barbares polytechniciens en uniforme, petits soldats de la science d'apparat.

Télémax

12:01 Publié dans L'Odeur du Danemark | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : webzine, anarchiste, au trou, état, karl marx, nietzsche | | |

17/09/2014

Le Monde contre M. Onfray

Michel Onfray est tout sauf anarchiste puisque, à l'en croire il est "nietzschéen". Or il n'y a pas de contempteur plus catégorique de l'anarchie que Nietzsche, au nom de la vertu. Sa doctrine est entièrement faite pour contrer la culture moderne, à laquelle le philosophe réactionnaire prête tous les maux.

Si cette précision s'avère utile, c'est afin de souligner que le totalitarisme est un régime dans lequel la rhétorique a un caractère divin. Les thuriféraires de l'Etat totalitaire attribuent au langage une valeur intrinsèque, et ce qui n'était qu'un outil devient un fétiche religieux. La vocation religieuse des mots supplante leur vocation scientifique. Si l'on peut dire un adepte de la doctrine de Nietzsche "anarchiste", en dépit du caractère clairement conservateur et aristocratique de celle-ci, c'est bien que les mots n'ont plus qu'une valeur de slogan. Nul moyen n'est plus porteur de l'affirmation que "la vérité n'existe pas" que le culte de la rhétorique ou du langage. Cette suggestion, à la longue, ne peut avoir d'autre effet que d'anéantir le langage, comme une règle est anéantie lorsqu'on fait prévaloir l'exception sur la loi.

- La "théorie du genre" est une excellente illustration du surcroît de vérité que le citoyen d'un Etat totalitaire prête à la rhétorique moderne totalitaire par rapport à la nature. C'est aussi un excellent exemple du caractère labyrinthique de la culture moderne, puisque ce problème, conçu pour diviser les Français au nom d'une minorité, du point de vue politique, les divise suivant des étiquettes et des mots d'ordre ubuesques. (...)

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11:28 Publié dans Fauchon la Culture ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : webzine, anarchiste, au trou, onfray, le monde, théorie du genre, nietzsche | | |

15/09/2014

Maudite bourgeoisie

Qu'il soit artiste, réac, anarchiste ou syndicaliste, le Français maudit la bourgeoisie qui s'impose à lui sous le prétexte de la démocratie et les couleurs de l'Allemagne.

L'extraordinaire tour de force de la culture bourgeoise aura été de faire passer la doctrine de Nietzsche, la plus conservatrice et réactionnaire qui soit (Hitler est un gauchiste en comparaison) aux yeux de quelques béotiens pour une doctrine... anarchiste.

Au stade de la bourgeoisie ou de la civilisation qui marche sur trois pattes, le principal but de la culture est d'étouffer la science.


09:56 Publié dans Fauchon la Culture ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fanzine, anarchiste, au trou, bourgeoisie, nietzsche, hitler | | |

16/03/2014

L'Anarchiste Robert Crumb

Il y a des tas de sortes d'anarchistes différents, y compris certains qui se réclament dewebzine,anarchiste,au trou,robert crumb,nietzsche,michel onfray,cornélius,crème,critique,zébra Nietzsche comme Michel Onfray (grosse plaisanterie).

L'Américain Robert Crumb, lui, auteur de bandes-dessinées "underground", se situe entre le communisme et l'anarchisme. L'anarchie parce que la politique semble irrémédiablement le domaine réservé d'irresponsables ambitieux animés du souci "oedipien" ou incestueux d'épater leur mère (y compris quand celle-ci repose six pieds sous terre) -, et le communisme parce qu'il paraît excessivement utopique de ne pas envisager un mode alternatif d'organisation sociale.

Même si Karl Marx penche plutôt du côté de l'anarchie que du communisme, on retrouve cette contradiction chez le chroniqueur de la mort annoncée du capitalisme, ou du moins le germe de cette contradiction, qui a permis à la propagande soviétique ou stalinienne de compromettre Karl Marx avec les pires exactions commises par des régimes totalitaires, qu'il n'a en rien cautionnés contrairement à des salauds comme Sartre, Aragon, Eluard, etc. (en qui Marx aurait aisément décelé des curés).

Si l'hitlérisme a été vaincu par le stalinisme, qui lui-même a été vaincu par l'idéologie libérale, cela fait mathématiquement de l'idéologie libérale et de l'ultra-nationalisme européen ou étatsunien les concepts totalitaires les plus machiavéliques et les plus dangereux. Or il est un aspect de ce totalitarisme ultime que l'art de Robert Crumb dévoile utilement, dans la mesure où l'oppression s'exprime aussi sur le plan artistique. Dans l'interview qu'il donne à Gary Groth, et que l'éditeur français Cornélius a reproduit dans une petite anthologie des oeuvres de Crumb (2012), celui-ci témoigne du double obstacle à la culture populaire que constituent la culture élitiste et la culture de masse. Robert Crumb est lui-même un exemple d'artiste populaire extrêmement isolé au sein de la culture américaine.

De fait ce qui distingue l'ultra-nationalisme prétendument "post-moderne" de ses antécédents nazi ou stalinien, c'est un usage accru de la culture de masse par les élites possédantes, afin de maintenir à l'état sexuel ou animal les trois-quarts de l'humanité. On relève ainsi l'effort de factotums du capitalisme pour faire passer la culture de masse pour une "culture populaire", alors même qu'elle fait l'objet d'une prescription de nature, disons, "technocratique". Autrement dit la "modernité" n'est pas un argument religieux populaire, mais une doctrine religieuse élitiste (bien que certaines personnes issues de milieux populaires y adhèrent afin de parvenir à s'élever socialement). 

L'Américain Crumb est un artiste "underground" au sens actif et dissident du terme, et non hélas trop souvent comme sont les artistes "underground", sur une position de repli et de défense. Sa manière de combattre, de manière isolée, plaide plutôt en faveur de l'individualisme et de l'anarchie que du communisme révolutionnaire. C'est une chose que Marx distinguait parfaitement, à savoir que la science est une menace plus grande pour l'élitisme que la violence révolutionnaire, que la tyrannie parvient toujours à retourner en sa faveur, pour ne pas dire que les élites, en particulier libérales, contribuent à financer le chaos et entretenir le militantisme.

Pour une recension plus complète de "La Crème de Crumb" (éds. Cornélius), voir le webzine-BD Zébra.

Bardamor 

26/04/2012

L'imposteur Onfray

Qui, en dehors de la Fnac, décrète Michel Onfray l'ami du peuple ? D'emblée il faut dire que Marx, au contraire d'Onfray, a mis en garde le peuple contre la philosophie moderne. Onfray et Marx sont donc deux sortes d'amis du peuple opposées.

Quand Marx prône l'histoire et la vérité, au contraire Nietzsche, référence habituelle d'Onfray, prône le mensonge et la religion, le "maquillage social". D'une certaine façon Nietzsche ouvre droit à la religion psycho-sociologique que Marx proscrit, comme le prolongement des vieilles idolâtries païennes (à vocation thérapeutique dans le meilleur des cas).

Car ce qu'Onfray se dispense de dire à ses ouailles, c'est que le reproche adressé par Nietzsche aux chrétiens ou aux communistes (anarchistes), c'est l'irréligion, et non l'inverse. L'athéisme d'Onfray (Nietzsche n'est pas vraiment athée), est donc tributaire d'un sentiment religieux, voire d'un ritualisme accrus. Ce n'est pas ici un détail négligeable, car il permet de comprendre par exemple pourquoi la République laïque, ne peut opposer sa neutralité à l'islam ou à d'autres religions ; plus que jamais la République postule l'ordre public, à défaut de l'assurer toujours, et cet ordre-là impose un respect de nature religieuse. La République laïque est donc en concurrence avec les autres religions. Exactement de la même façon, on pourrait dire que l'organisation n'est pas neutre, mais soutenue par un arsenal de décrets, qui enregistrent un rapport de forces. Nombre de musulmans se contentent de dire, ce qui n'a rien de religieux, ni de neuf, que l'Occident impérialiste organise le monde selon le rapport le plus inégalitaire, et que c'est au contraire cette tartufferie-là - la prétention à l'égalité -, qui est la plus religieuse.

Rien ne sert dans le christianisme, observe Nietzsche avec exactitude, le destin de l'humanité, synonyme de volonté de puissance politique ; que la société soit prise dans son ensemble, ou suivant la condition sociale particulière de chacun. Le Christ déclare seulement l'accès presque impossible des riches aux choses de l'esprit, ce qui implique en effet le mépris ou le désintérêt de la société, et une conception chrétienne de la spiritualité strictement individualiste (...).

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26/03/2011

Dialogue avec "L'Antechrist" (I)

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Par Télémax

« Le parallèle entre le système hitlérien et la Rome antique serait incomplet s'il se limitait aux méthodes de la politique extérieure. Il peut s'étendre au-delà ; il peut s'étendre à l'esprit des deux nations. Tout d'abord, la vertu propre de Rome était la même qui d'un certain point de vue met l'Allemagne du XXe siècle au-dessus des autres nations, à savoir l'ordre, la méthode, la discipline et l'endurance, l'obstination, la conscience apportées au travail. La supériorité des armes romaines était due avant tout à l'aptitude exceptionnelle des soldats romains aux travaux ennuyeux et pénibles (...).


 

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15:10 Publié dans Fauchon la Culture ! | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : homère, eschyle, sophocle, simone weil, nietzsche, anarchie, juif, chrétien, christ, ben laden | | |

 
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